Paul Durand-Ruel

 

 

 

 

Lettre de Vasyl Khmeluk adressée à Monsieur Durand-Ruel, le 12 octobre 1943.



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Les couleurs … ont toujours été et restent ma passion. Mes études universitaires terminées, je me suis consacré entièrement au mêtier de peintre, encouragé tout d'abord par le grand collectionneur S.I Stchoukine et, plus tard, par Ambroise Vollard qui, vous le savez, appréciait mes toiles et patronnait mes premières expositions.

Mes goûts, mes idées ? - Au risque d'être un peu long, je puis cependant vous dire que je peins volontiers des natures mortes. Les poires aux tons d'or, les melons argentés, les noix, les noisettes, la triste voix des bois elle-même...

Gris, bleu, vert, rose …

J'adore les paysages fourrés d'arbres furieux et de corbeaux avec au loin, un violet sans fin, … secoués par l'orage naissant où tout parle bas et gémit.


Je ne dédaigne pas le nu. Chair rose ou bleutée.

Enfin, j'aime tant les fleurs !

Des fleurs que l'on ne regarde pas,

mais que l'on écoute.

Et qui ne sont que l'aube

ou la nuit.


Oui. Mais tout cela comment le peindre ?

Entré dans la carrière artistique au temps des théories et des expèriences décevantes, il ne me reste, prière aux lèvres, qu'à écouter de nouveau la voix toujours fraîche de la belle Nature.


Et tâcher de peindre

le plus simplement du

monde.

Peindre...


Vasyl Khmeluk

 

Paul Durand-Ruel (1831/1922) est un peu le révolutionnaire de l'art ! C'est grâce à sa grande générosité, à son altruisme et à ses goûts particulièrement aiguisés que furent révélés les plus grands peintres. Il bouleversa à sa façon la donne du marché en créant un réseau de galeries dans les plus grandes capitales afin d'organiser maintes expositions partout dans le monde.

Il révéla les artistes de l'Ecole de Barbizon ainsi que les Impressionnistes dont il fut le plus fervent défenseur. Encore jeune dans la papeterie familiale, il s'était peu à peu formé l'oeil quand son père, Jean, exposait les dessins et croquis des grands artistes de l'époque tels que Géricault et Delacroix.

Il devint tout naturellement Marchand d'art à son tour mais le génie qu'il eut fut d'instaurer de nouveaux principes tels que l'exclusivité des artistes, la protection de l'art et, entre autres, la promotion du travail des artistes par le biais de la presse.

Des années plus tard, Vasyl Khmeluk exposa à son tour dans plusieurs des Galeries Durand-Ruel. Il ne connut pas celui qui initia les nouveaux marchés de l'art mais, introduit dans cette grande maison grâce à Ambroise Vollard, il participa à l'aventure de ces grands découvreurs de talents...

Dans cette lettre adressée à Monsieur Durand-Ruel, il parle de sa peinture avec passion ; c'est ici un peu un hommage à toute un lignée qui aujourd'hui encore défend l'art et les artistes.

 

 

 

 

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