Le visionnaire

 

 

                  Doucement

Le jour se lève...

                       Gris,

                       Froid,

                       Désespérant                                                      LE SATAN PÂLIT ...

 

  

 

 

...Un Poète visionnaire ? 

 

 

L'oeuvre si lumineuse de Vasyl Khmeluk  est parsemée de nombreuses périodes sombres : visionnaire en tant que « passeur », c'est en transmettant la force de son imagination que Vasyl le poète incite alors à réfléchir.

 

Certains de ses poèmes expriment une vision morbide et glauque, souvent désabusée,  à l'opposé de son approche de la vie parfois bucolique, presque naïve ou idéaliste.  Cette dualité reste cependant cohérente puisque Khmeluk est habité d'une vraie foi ; elle illustre les éternels et intemporels questionnements de l' homme, souvent divisé entre le bien et le mal, le noir et le blanc,  le vrai et le faux...dans des apparences manichéennes irrésolues.

 

 

Gaston Diehl, Professeur d'histoire de l'art et Critique d'art français, ne dit-il pas :

« La pâte maniée avec fougue et adresse épouse un fond sensuel mêlé d'une secrète inquiétude qui se révèle en des accords assourdis, en des tons rompus, dans un traitement un peu tourmenté, appliqué cependant avec une rare franchise .»

 

 

Cette  inquiétude est donc  latente dans les écrits de Vasyl Khmeluk : on y retrouve des vers sinistres et sans plus aucune illusion ( La fin ) où l'auteur dit "Adieu aux poètes et aux anges consolateurs"... ou bien-sûr dans Nuits dont la désespérance illustre le début de cette page.  Au sommet de la mélancolie et comme son titre le laisse entendre, Marécages s'annonce des plus lugubre alors qu' Une belle journée surprend le lecteur   quand  il découvre que l'herbe baignait dans le sang tout chaud...

 

De ces descriptions sanglantes ou apocalyptiques naît un message initiatique auquel succède une torture de l'esprit ; celle-là même qui ouvrira la porte des alphabets poétiques inconnus !

 ... Alors dans sa quète de l'essentiel et après l'avoir confiée à qui peut l'entendre, le poète lui offre sa plume pour qu'il apprenne à s'envoler ...

 

 


Ainsi,  toute cette noirceur insoupçonnée apprivoise les peurs ancestrales quand plusieurs phases mélancoliques émaillent la vie de l'artiste :


Dès son plus jeune âge -il a tout juste vingt ans- le spleen émerge dans les dessins faussement naïfs des premiers recueils qu'il fit éditer entre 1923 et 1928 .

 

 

     

 


Quelques années plus tard il dessine même - un comble ! -la faucheuse au verso d'un document médical !

 

 

(De l'écriture de l'artiste)   

 

 


Peu après son arrivée à Paris il arrive même à Vasyl Khmeluk de dormir dans les chapelles abandonnées du Pére-Lachaise :

 

 

 Paris 31

"Après...

Nous allons enfin nous reposer tout près:

Au cimetière

Sur les tombes illustres..."

(extrait)

 

 

 

 Peut-être alors décele t-on dans  son oeuvre l'essence même des artistes :

 

"C'est en touchant du doigt le coeur des  tristesses, des peurs et de la mort qu'ils apprécient d'autant mieux la Beauté, l'amour et les sensations vraies...


 Dans l'espoir de réussir à les restituer,


Dans le secret espoir d'être toujours aimés... "

  

 

 

Quoi qu'il en soit probablement grâce à sa foi  n'avait-il  point peur de partir ?...

 

                                        

 

Il reste même dans ses nombreuses archives des croquis de tombe où l'on peut  voir les initiales de sa bien-aimée Maria près des siennes... 

 

( Ils reposent tous deux au cimetière Montparnasse, ainsi que les parents de l'épouse de l'artiste : Gregorio et Pilar Martinez.)

 

 

 

     

 

     

 

 

 


 


 

 


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