Le Poète

 

 

 

 

Lorsqu'il était un tout jeune enfant,

déjà Vasyl Khmeluk avait un cœur de poète : il aimait écouter le chant des oiseaux en tombant sous le charme de nouveaux lieux et sa sensibilité à fleur de peau lui permit de s'exprimer dans la subtilité des mots avant que ce soit dans celle des couleurs.


Il fait des petits vers depuis l’âge de cinq ans, et, comme tous les enfants de cet âge disait-il, la barbouille est sa passion!


Tandis que son père lui demandait parfois « Alors Vassia, qu'as-tu écrit aujourd'hui ? », sa grand-mère maternelle en était très fière et l’encourageait dans cette voie. Bien-qu'elle soit timide et un peu effacée, elle était sensible à tous les arts et avait inculqué ce goût à son petit-fils en incitant ses parents à  cultiver de telles propensions.


Grâce à une enfance aisée toute baignée de tendresse, ses dons naturels se développèrent et parallèlement à la poésie il découvrit la peinture (à neuf ans) avec son professeur qui avait été lui-même élève du grand peintre Répine.


Tout naturellement le jeune Vasyl se dirigea vers les Lettres et il était un fidèle adepte des soirées littéraires à Prague. Ces réunions étaient très suivies par la plupart des ukrainiens déjà habitués à ces choses.


La poésie est alors pour lui une chose tout à fait naturelle !

 


« Des batailles amicales alimentaient quelquefois ces soirées étranges, gaies et houleuses. Les artistes sont souvent de grands visionnaires, ils posaient là quelques fragiles fondements de la poésie du XXIème siècle ... Les grands favoris en étaient Vasyl Khmeluk (Licencié es-lettres), Anton Pavluk (Docteur en chimie), et Molicar Guerasymenco (Docteur en physique); mais la cible de ces joutes oratoires et poétiques était surtout Vasyl.

Là où sa répartie était fine et juste, il déclenchait le dialogue dans une saine émulation ; parfois, certains le défiaient aussi car son excellente culture lui permettait de rebondir sur le nom de tel écrivain célèbre en le citant sans faillir.

Quand tous ces amoureux du verbe avaient fini de s’enflammer, en fin de nuit, lorsque les vers se noyaient peu à peu en même temps que les esprits, un dernier texte, impeccable et ciselé, naissait souvent sous la plume de Vasyl. »

(extrait « Anthologie », Le Kouddar, 2010)


 

Membre de l'Association* des Artistes ukrainiens Indépendants, il publia dès l'âge de vingt ans trois recueils de poésie, tous à Prague :


Les trois plaquettes sont connues par les ukrainiens et donnent une poésie très libre, souvent émouvante. 

 

                             

........«Mouvement, fuite»..............................................................

 

......«Soleil d’automne»....................................................................

 

 ......................................«Livre de prague, années 23.26.28».........

 


Pour Vasyl la troisième plaquette est quant à elle probablement la plus originale car elle est unique en littérature ukrainienne, bien avant ce qui se fit à Paris à cette époque vers 1920, comme genre et comme esprit.


En effet, pendant ses études à Prague, il est alors l’ami de grands poètes nationaux tchèques ainsi que d’Oleksander, un des poètes ukrainien les plus connus du début du siècle dernier, et surtout un très grand auteur, malheureusement décédé en émigrant de Prague, à 66 ans lorsque «... ses pensées sont comme les nuages de l’errance».


Le Montparno-solitaire explique que l'esprit de sa poésie avait commencé par l’absurde pour finir par admettre l’espérance (sans trop y croire tout de même !). Il décrivait ses vers comme déterminés, nets, cyniques ou ironiques mais toujours d’une incurable mélancolie.

Cependant, elle n’était pas une mélancolie conventionnelle, car écrite entre quinze et dix-neuf ans, avec beaucoup de rire et d’insouciance, bien qu’il fût arraché de tout par la révolution.

« Nombre de ces écrits ont disparu.» « ... mais ils étaient quelquefois récités dans les galas à Prague, bien avant d’être imprimés.» précise t-il dans ses archives.


En Europe le poète est resté longtemps méconnu mais avant d'être un peintre célèbre Khmeluk a une certaine notoriété en Ukraine en temps que Poète et il deviendra l'ami de plusieurs académiciens français.


Lorsqu'en France des années plus tard il fut reconnu pour sa peinture, les critiques d'art admirent dans ses harmonies « […]un art débordant de pathétisme, une peinture de poète[…] » (L'Opéra » 07-11-1945) ou reconnaissent que « Khmeluk montre combien son univers imaginaire demeure en […] une peinture de poète. » (« L'aube » 07-03-1951).


Des manuscrits ont été retrouvés dans ses archives personnelles et une anthologie est en préparation :


« Et c'est ainsi que passent les étés. »

(lien sur le titre ci-dessus)


Il y explique sous la plume de Le Kouddar :


« En cherchant l’âme des choses, je ne peints que ce que je sens. Je touche les couleurs sans les voir. Quand je m’y attends le moins, une émotion jaillit et s’impose, je n’ai pas le choix, je dois la reproduire pour m’en émanciper !

C’est alors une lumière intérieure qui s’échappera de mes toiles, après être sortie de moi, pour atteindre d’autres coeurs ! ».

 

 

 

 

                                           "Mouvement,fuite"                                                                              "Livre de Prague 23-26-28"

            

"Soleil d'automne"

 

 


     

    Artistes ukrainiens Indépendants :

    * l'association a obtenu des résultats tangibles dans la présentation au monde de la culture ukrainienne et de ses meilleurs représentants.





 

Revenir vers le haut

 

 

Tous droits réservés © Le Kouddar
Il est interdit de reproduire d'une quelconque façon ou de modifier tout ou partie de ce site.


 

 

 

Le Poète
© 2010