L'enfance

 

 

Encore tout jeune garçon, Khmeluk eut l'immense privilège de voir Nicolas II et il fut subjugué par cetteapparition tout au long de son existence :

 


 « Non ! Pas un homme ... Il est une espèce d’apparition en qui il faut avant tout avoir une Sainte Foi pour y croire !

 [...] quand il apparaît devant une foule tenue à l’écart, entouré de ses anges innombrables les jeunes et beaux tcherkesses, de ses étoiles de pierreries et pour tout or une somptueuse croix de Saint-Georges épinglée sur sa tunique  [...]

La foule émue par cette apparition reste sans voix, puis, comme par un commandement,  se met à hurler  [...]  puis se tait ... quand le train s’ébranle et repart, sous les flocons de neige, pour toujours ...

L’avez-vous vu ? Connu ? Le tzar ? ...»

 

                                                                                                                                  

                                                                                                                                                          (Extrait d'archives.)

 

 

L'enfant ébloui le restera toute sa vie et cette majestueuse vision entretiendra autant sa foi que sa fidélité au Tzar.

 

Les Origines :

 

Comme en témoigne l'artiste parmi d'inextricables souvenirs éparpillés sur quelques feuillets, il y a du sang noble dans la famille de Vasyl Khmeluk. (Dynastie Loupoul et de la Princesse de Moldavie)

Ceux qui l'ont connu se souviennent d'un homme raffiné et d'une excellente éducation mais il savait rester discret et ne se vantait jamais de telles origines. S'il en parlait quelquefois, avec simplicité, c'était pour préciser qu'un des nombreux privilèges de l'aristocratie était d'avoir tout le loisir de se cultiver et d'éduquer ses enfants dans les meilleures conditions.

De longue date la lignée est originaire de Chaïgorode : c'est une assez grande ville avec un couvent, en grande partie soutenu par la famille. Ses parents sont même propiétaires d'une île sur le Dniestre : cette vision de douceur insulaire fait toucher du doigt tous les bonheurs d'une famille, quand les cris de joie ou les pleurs des enfants résonnent autour fraîche soirée printannière.

Ils emménagent ensuite vers Berezivka puis achètent une nouvelle demeure à Jmerinka (Podolie) pour surtout faciliter la scolarité des six frêres et soeurs. Le jeune Vasyl et toute la fratrie y vivent entourés d'un cercle de tendresse,  avec leurs parents et grands-parents :

 

La famille :

 

La mère : Marie, issue d'une famille polono-ukrainienne sévère et rigide dont elle a hérité une autorité naturelle. C'est cependant une femme raffinée qui apprécie de vivre à la campagne pour y déguster la beauté des saisons en brodant de belles étoffes que son père lui a ramenées de voyage. Elle fait tout pour bien élever ses enfants en sachant les entourer d'amour et de délicatesse en toute occasion.

Le père : Daniel, Industriel qui sera malheureusement ruiné quelques années plus tard mais il s'est sacrifié (matériellement) pour donner une parfaite éducation aux enfants qui auront tous, adultes, une excellente situation. Il est lui aussi poète et a transmis ce goût et cette émotivité à son fils bien-aimé Vassia  (le surnom de Vasyl). Ils entretiendront une correspondance régulière quand celui-ci sera installé en France et souvent il lui demande d'épistolaires conseils en lui adressant ses poèmes !

Ils sont très pieux, surtout son grand-père maternel dont le fils nommé aussi Vasyl est décédé très jeune et dont la fille cadette se nommait Lucie. C'est un petit vieillard doux et vraiment aimable.

La grand-mère maternelle : d'un caractère timide, elle est effacée mais respire elle aussi la gentillesse. Son époux et elle vivent modestement dans une des plus jolies maisons de la ville haute même s'ils sont tous deux aisés.

La grand-mère paternelle : connue pour sa grande avarice (malgré sa richesse...) elle a l'allure d'une sorcière ! Elle conserve pieusement des reliques (qu'elle dit familiales) de l'Hetman Bohdan Khmelnytsky fondateur du véritable "Etat cosaque" (1648 - 1657) : un sabre orné de pierreries, une grande chappe (Kereya) noire, des ceintures brodées d'or...

 

 ...........(Bohdan Khmelnytsky)

 

Le grand-père paternel : notable le plus puissant et le plus riche de la ville qui exploite de grandes tanneries célèbres dans toute la région. Il est néanmoins particulièrement prodigue et très pieux et soutient les monastères de la région ainsi que les familles modestes de la basse ville.

 

 (lien sur le dessin)

 

La petite enfance :

 

Au coeur d'une belle propriété pleine de charme, proche de la côte mais verdoyante, Vasyl évolue dans cette famille aimante mais n'en est pas moins un petit enfant agité et très turbulent !

Dés son plus jeune âge, il perçoit le côté mystique de la vie et des choses. Bien-qu'il soit éduqué dans l'amour du Christ et la générosité, cela surprend cependant sa famille qui ne décèle pas encore les penchants artistiques de l'enfant dans cette sensibilité...

Tout cela est d'ailleurs contradictoire avec son caractère fantasque et désobéissant ! Il est en perpétuel conflit avec sa maman qui malgré tout le pardonne à chacune de ses incartades... Elles sont nombreuses et son imagination débordante : il fait des fugues prolongées, empreinte parfois même la nuit des trains de marchandise en marche, saute au hasard et dort sur un banc dans une gare déserte comme il le fera des années plus tard à Paris.

Dans sa quête de justice et d'équité, il ne supporte pas d'être commandé : il a soif de liberté en toutes circonstances. C'est pourquoi il aime aussi s'échapper à cheval dans la campagne environnante avec ses frêres, se baigner dans les cascades toute proches de la rivière qui passait par le grand bois ou grimper haut dans les arbres, sans peur et riant de celle de sa maman jusqu'au jour où il se coupa la langue en s'agitant sur une balançoire !

En parallèle à toutes ses extravagances, il est aussi un enfant mystérieux, pas très bavard mais cependant gai et espiègle qui aime faire des mots d'esprit à table et reçoit alors une gifle de sa mère ! Son père lui, est enchanté de cette vivacité intellectuelle et ses deux grand-mères qui l'aiment beaucoup prennent toujours sa défense lorsque parfois à nouveau attiré par le mystère des choses occultes, il se sauve par la fenêtre du rez-de-chaussée pour aller guetter les fantômes dans le cimetière voisin !

Quand il s'assagit un tant soit peu, c'est pour dessiner les animaux de la basse-cour, canards, coqs, pintades etc... Certains d'entres eux l'inspireront encore lorsque devenu un célèbre coloriste, il peindra une “Volaille déplumée, un “Faisan” ou un Monsieur Coq en habit de fête !

A ses neuf ans, ses parents canaliseront un peu sa fougue en lui faisant donner des cours de dessin par un grand professeur, lui-même élève du célèbre Maître Répine.

 

 

C'est sans qu'ils le sachent le début d'une vie d'artiste riche et réussie !

 

 

"Monsieur Coq"

 

 

 

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